234 HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
sûreté les vases & les objets sacrés ne permette pas de les ranger sur l’autel.On montrerait ailleurs ces grands manteaux qu’on se figure mal suspendusdes deux côtés du lieu saint; la salle, ressemblant alors à une antiquechapelle, imposerait le respeéf aux visiteurs, & les images du passé, moinsaffaiblies par la perception du présent qui vous enveloppe, impressionne-raient vivement l’esprit.
L’autel du Saint-Esprit comprend trois parties bien diflinôtes : l’autelproprement dit avec son parement, le rétable contre lequel s’appuyait letabernacle et le dais de l’autel. Le parement de l’autel, la tenture du rétable,le plafond du dais, sont en soie verte semée de flammes d’or. La bordureeff formée par des chiffres d’argent, entourant l’image du Saint-Esprit oualternant avec la rosace qui renferme la colombe; on y diffingue les ini-tiales du roi, de sa femme, & le monogramme de la vierge Marie M. Aumilieu eff un tableau de forme ovale (ronde pour le plafond du dais), tapis-serie tissée d’or & brodée de soies de couleurs qui sont plus fraîches qu’onne serait tenté de le croire. — L’Annonciation eff le sujet de la tapisseriedu parement d’autel; celui de la tenture du rétable représente l’Esprit-Saint apparaissant à la vierge Marie & aux apôtres. Au centre du plafonddu dais, on voit la colombe planer dans un ciel circonscrit par une cou-ronne de nuages, desquels sortent huit têtes d’anges. Ces divers tableauxsont encadrés de chiffres & de fleurs de lis; sur les côtés de chacun d’euxsont les armes de Henri III, de France & de Pologne-Lithuanie réunies.Le dais royal, le tapis du pupitre sur lequel était posé le livre des Évan-giles, le tapis recouvrant le prie-Dieu, le coussin n’ont rien de bienremarquable; ce sont toujours, sur un fond de soie verte, des flammesd’or, des chiffres, des fleurs de lis & les armoiries du roi.
Le manteau du grand maître de l’ordre, c’eft-à-dire du roi, eff de veloursnoir, brodé tout autour d’or & d’argent, fleurs de lis & nœuds d’or, entretrois divers chiffres d’argent; le fond du manteau elf parsemé de flammesd’or. 11 eff garni d’un mantelet de toile d’argent verte, couvert d'une bro-derie pareille à celle du manteau; l’un & l’autre sont doublés de satin jauneorangé.
Ce manteau a été placé au milieu de la grande armoire, dans la salle dela monarchie, près de l’armure du roi Henri III.
On voit encore dans la chambre de parade : le manteau d’un comman-deur, celui d’un chancelier avec la croix cousue par devant; celui d’ungrand trésorier, celui d’un greffier, celui d’un héraut roi d’armes.