ORDRE DU SAINT-ESPRIT.
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portaient les insignes. Quand ils ne mouraient pas dans leur charge & quedes circonftances les avaient contraints à les vendre ou à les céder., ils nepouvaient sans douleur se séparer d’un collier ou d’un cordon qui étaitdevenu pour eux un ornement de chaque jour. Aussi pas un ne le quittait,soit que le roi leur eût permis de le garder sans charge, & c’eft ce quiarriva à Villeroy, Verderonne & d’autres, soit qu’un brevet sans effet,inventé exprès, promît au vendeur ou au démissionnaire sa nomination dechevalier dans la première promotion; on eut recours à cet expédientpour le grand maître des cérémonies, M. de Rhodes. Ces officiers hono-raires & ces chevaliers en expectative s’appelaient vétérans.
« Quelquefois deux ou trois personnes se succédaient rapidement dansune charge. Ainsi, en 1 656 , Bonelles vendit le greffe à Novion; celui-ci legarda quelques mois & le revendit, en 1657, à Jeannin de Caftille. Cetteprompte transmission donna bientôt l’idée des ventes simulées; ainsi,Pierre meurt ou se retire & doit vendre à Paul; Jean se place entre lesdeux, achète à Pierre, revend à Paul & obtient le brevet ordinaire, c’eft-à-dire le droit de porter le cordon sans droit; Paul, l’acheteur réel, peut enfaire autant quelques jours après. Ces singuliers dignitaires, ces pseudo-chevaliers sur lesquels l’ordre ne faisait que passer comme l’eau sur lemarc du vin, furent nommés des Râpés (1). »
Les ftatuts de l’ordre, qui ont été imprimés plusieurs fois, notammenten 1740, contiennent quatre-vingt-quinze articles.
Il y eft dit que le roi, à jamais chef & souverain grand maître de l’ordre,aura toute autorité sur les confrères, commandeurs & officiers; que lesrois successeurs de Henri III ne pourront disposer de l’ordre qu’après avoirreçu le sacre; que les rois jureront solennellement d’observer les ftatuts.
Charles X eft le dernier qui ait prêté ce serment, le 19 mai 1825, àson sacre.
Les articles soixante-dix & soixante & onze règlent ainsi la marche, lerang & les habits des cardinaux, prélats, commandeurs & officiers, allantaccompagner le roi à vêpres, la veille de la fête de l’ordre :
« LXX. Tous les ans, la fête de l’ordre se célébrera le premier jour dejanvier, en l’église des Auguftins de notre bonne ville de Paris, qui eftle lieu que nous avons choisi & delfiné pour cet effet. Et si les affaires
(t) Magasin pittoresque , année 1862.