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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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ORDRE DU CROISSANT.

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ORDRE DU CROISSANT.

(1448.;

Les chroniqueurs & les poëtes du quatorzième siècle nous ont laissé untrille tableau de la Chevalerie à leur époque (U. Cet ordre qui naguère,par ses nombreux privilèges, avait acquis dans la société féodale le premierrang après l'Église, navait plus ce caractère plein de grandeur du tempsde Charlemagne & de Philippe Augufte; les chevaliers dalors négligeaientleurs plus saints devoirs, ceux qui leur étaient indiqués par les ftatuts, &passaient leur vie au milieu dabus de toute sorte. Eullache Deschampssurtout nous a laissé de ces plaintes amères qu'il adresse aux chevaliersde son époque, en établissant le parallèle de la Chevalerie présente aveccelle du temps ancien.

« Les chevaliers cftoient vertueux,

« Et pour amours plains de chevalerie,

« Loyaulx, secrez, friques (2) & gracieux :

« Chascuns avoit lors sa dame, samie« Et vivoient liem.ent.

« On les aimoit aussi très loyalement,a Et ne jangloit ( 3 ) ne meditoit en rien :

« Or m'esbahy quant chascun jangle & ment« Car meilleur temps fut le temps ancien (4).

Un autre poète, dont quelques vers sont refiés célèbres, trouve cetordre si respeélable, quil nose y toucher : « Cefl de lor pur, supérieurà tous les métaux; ceft la source lon puise toute raison, tout bien, touthonneur,

« Tôt sen, tôt bien & tôt honeur. »

(1) Pierre Vidal, poëte provençal, disait «que la Chevalerie avait perdu so.n antiquevaleur, sa générosité, sa magnificence & ses autres vertus. » Voir les Mémoires deLa Curne de Sainte-Palaye sur lancienne Chevalerie (t, II, p t 1).

(2) Fringants.

( 3 ) Causait, bavardait.

(4) Poésies dEuftache Deschamps (publiées par Crapelet).

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