ORDRE CHAPITRAL DE SAINT-HEBERT DE LORRAINE DU BARROIS. 183
les subsides qu’on leva en Lorraine pour atteindre ce chiffre étaient loin desuffire., les chevaliers de Saint-Hubert la complétèrent de leurs propresdeniers. On cite l’un d’eux, Evrard du Châtelet, qui engagea toutes sesterres, & donna pour sa part dix-huit mille saluces d’or.
A la création de l’ordre, le chef eut le titre de roi, puis en 1422 celui degouverneur, avec réélection tous les ans. Plus tard, il prit le titre de grandmaître, qu’il conserva jusqu’au dernier moment.
L’ordre subsifta même après que les duchés de Lorraine & de Bareurent été cédés à la France. Le roi Stanislas, après son abdication, étantdevenu duc de Lorraine, le maintint avec toutes ses prérogatives. Louis XVratifia les dispositions de son beau-père à l’égard des chevaliers. Louis XVIconfirma en 1786 & accrut les privilèges de l’ordre, fort insignifiant d’ail-leurs à cette époque. Ce fut par une de ses ordonnances que le ruban, quijusqu’alors avait été ponceau liséré vert, devint vert liséré ponceau; cechangement fut nécessité par la ressemblance qu’avait le ruban primitifavec celui de l’ordre de Saint-Hubert de Bavière. Sous la République,l’ordre subit le sort de toutes les inffitutions qui lui ressemblaient. L’Em-pire le laissa dans la plus profonde obscurité. Mais après le retour enFrance des émigrés, on conserva de ses anciens flatuts tout ce qui pouvaitse concilier avec les idées modernes. Il fut reconnu en 1816 parLouis XVIII; à cette époque, il comptait, outre le grand maître, six grands-croix, trente commandeurs, & des chevaliers en nombre indéterminé; tous,à leur réception, payaient un droit assez élevé, & promettaient de vivreselon la foi catholique & d’accourir au premier appel sous le drapeau duroi. Mais en 1824, Louis XVIII révoqua l’autorisation qu’il avait donnée,& l’ordre dut s'éteindre.
On a cherché à le relever en Belgique, mais sans y réussir.
La décoration consiffait en une croix d’or à quatre branches, émailléede blanc, bordée d’or. — Au centre, enchâssé dans un cor de chassed’or, était un médaillon de sinople sur lequel était représentée la con-version de saint Hubert. Au revers, sur fond d’azur, les armes du duchéde Bar avec cette légende : Or do nobilis Sancti Huberti , inflitutusanno 1416. Ce bijou était suspendu, comme nous l’avons dit, à un rubanvert liséré ponceau.
C’eff probablement de cet ordre qu’il eff queftion dans la Chroniquede Bay art par le Loyal Serviteur: en 1515, lorsque Bayart eut armé Fran-çois I er chevalier sur le champ de bataille de Marignan, le roi nomma