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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
« Donné à Bar., le derrain jour de may, l’an mil quatre cens &seze (i). »
L’intention des fondateurs était de mettre un terme aux hoftilités quiexilfaient entre eux, & de faire servir exclusivement leurs vassaux à ladéfense du souverain, qui se trouvait en état de guerre depuis qu’il avaitvoulu mettre la couronne des deux duchés de Lorraine & de Bar sur latête de son neveu René d’Anjou, en le mariant à la princesse Isabelle, filleaînée de Charles IL C’eft de là que cette association prit d’abord le nomd "ordre de la Fidélité. Elle avait adopté pour insigne un lévrier blanc por-tant un collier d’or sur lequel était gravée la devise : Tout ung. Cettemarque fut sans doute la raison pour laquelle cette création prit aussi ladénomination d 'ordre du Lévrier.
Comme on l’a vu par les lettres de fondation, l’ordre ou plutôt la com-paignie ne devait durer que cinq ans. Mais il était sorti de cette confra-ternité tant d’avantages réels pour tout le monde, qu’au chapitre tenu àBar le jour de la fête de saint Georges en 1422, on arrêta par une déli-bération solennelle que l’ordre serait maintenu perpétuellement sous l’invo-cation & le patronage de saint Hubert. Les insignes furent changés, & leschevaliers portèrent alors, suspendue au collier, une image d’or du patronde l’ordre, pendante sur la poitrine, & une pareille image brodée surl’habit & sur le manteau.
L’inftitution prit dès lors le nom $ ordre de Saint-Hubert , & il fut décidéque, pour y être admis, il faudrait prouver trente-deux quartiers de noblesse.Les étrangers étaient assujettis à un droit de passage ou d’entrée équi-valant à la somme de trois mille francs.
C eft à l’époque des troubles & des débats qui s’élevèrent au sujet dessuccessions à la couronne de Lorraine & de Bar que les chevaliers deSaint-Hubert montrèrent un grand courage & un remarquable dévoue-ment. Us épousèrent la cause légitime de René d’Anjou & d’Isabelle, safemme, contre les prétentions d’Antoine, comte de Vaudemont, & la sou-tinrent de toute la puissance de leur épée & de leur crédit. René fut faitprisonnier par le duc de Bourgogne, qui appuyait de ses armes les préten-tions de Vaudemont, conduit à Dijon & enfermé dans une tour. Sa libertéfut mise à prix, moyennant une rançon de deux cent mille écus; & comme
( 1 ) Trésor des Chartres de Nancy.