ORDRE DU FER ü’OR ET DU FER D’ARGENT.
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Il l’avait établie en 1411, dans l’église Notre-Dame de Paris, en l’hon-neur de la dame de ses pensées. Seize chevaliers & écuyers jurèrent de sebattre à outrance pour l’amour des dames contre gens nobles provoquésdans ce but, & même, dans le cas où ils ne trouveraient pas d’adversaires,de se battre entre eux. Tous les dimanches, les chevaliers devaient porterà la jambe gauche un fer d’or, & les écuyers un fer d’argent. S’ils y man-quaient, ils donnaient quatre sols parisis pour les pauvres. Chaque jour ondisait la messe en l’honneur de la Vierge, & chaque chevalier vainqueurdevait fonder une messe & un cierge à perpétuité. Si l’un d’eux était tué,les autres lui faisaient dire un service funèbre & dix-sept messes, où ilsassiftaient vêtus de deuil.
Le dessein du fondateur était d’aller en Angleterre avec ses chevalierspour s’y battre en l’honneur des dames, à la hache, à la lance, à l’épée,au-poignard, voire même au bâton, selon le choix des adversaires. Ceprojet ne put s’accomplir. Le duc Jean passa bien le détroit, mais cefut en qualité de prisonnier de guerre, & il mourut chez les Anglaisaprès dix-neuf ans de captivité.
Les premiers membres de l’ordre du Fer d’Or & du Fer d’Argentfurent :
Chevaliers : les sieurs Barbazan,
Du Chaftel,
Gaucourt,
De la Huze,
Gamaches,
Saint-Rémy,
Adonc, quant che fut fait, li rois s’apareilla,
Et fit garnir les nés, la roïne y entra,
Et maint franc chevalier avecques lui mena.
De illoc en Anvers, li rois ne s’arrêta.
Quant outre sont venu, la dame délivra;
D’un beau fils gracieux la dame s’acouka;
Lyon d’Anvers ot non, quant on le baptisa;
Ensi le franque Dame le sien veu aquitta ;
Ainsque soient tout fait, main preudomme en morra,
Et maint bon chevalier dolent s’en clamera,
Et mainte preude femme pour lasse s’en tenra.
Adonc parti li cours des Englès par delà.
On peut voir l’image d’un bas-relief représentant le Vœu du héron dans Le MoyenAge & la Renaissance , par Paul Lacroix & J. Séré. Paris, 1848; 5 vol. in-4 0 avecplanches.