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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
Voici, d'après le P. Honoré de Sainte-Marie, les flatuts de l'ordre :
i° Les chevaliers s'engageaient par serment, envers Dieu, à ne jamaisabandonner la foi catholique, apollolique & romaine, &, envers leurlégitime souverain, à vivre & à mourir dans l’obéissance & la soumission.Ils ne pouvaient faire ce serment par procureur, & devaient le prêter enpersonne.
2° Ils promettaient à saint Georges, leur patron, de se trouver auxassemblées, d’assifter aux offices, aux processions & aux exercices de piétéqui concernent le service de Dieu & le culte de ce saint, & de porter tou-jours une médaille d’or où il était représenté.
3 ° Us juraient au chef de l’ordre, appelé dans le principe bâtonnier (i),de remettre entre ses mains leurs intérêts, &, dans leurs différends, des'en tenir à la décision de ceux qu’il aurait députés pour examiner l’affaire.Le bâtonnier portait un riche bâton d’argent surmonté de l’image de saintGeorges.
4° Ils s’obligeaient, les uns envers les autres, à conserver entre euxl’union, la paix, sans prétendre d’autre rang ni aucune prééminence quecelle que donne l’ordre de la'réception.
« Enfin, ajoute le P. Honoré de Sainte-Marie dans le ftyle de la pluspompeuse admiration, ces illufires chevaliers s’engagent à la pratiqued’une mortification qui eft d’autant plus remarquable qu’elle eff peut-êtresans exemple, je ne dis pas dans le monde ni dans les autres ordresmilitaires, soit séculiers ou réguliers, mais même dans les religions les plusréformées. C’efi que des gentilshommes accoutumés à la bonne chères’obligent, par un flatut, à se priver de toutes sortes de volailles, deconfitures sèches ou liquides, de sucrerie & de boissons ou de vins qui nesont pas naturels, & cela pour la gloire de Dieu & le bien de leur âme. »
On vit des confréries semblables à Valenciennes, où les confrères ouprétendants à la chevalerie s’appelaient les Damoiseaux ; à Tournai, où ilsportaient sur la manche un lis de perles avec les mots Ave, Maria; enIrlande & ailleurs.
Des dames eurent accès dans l’ordre de Saint - Georges, notamment
(i) Le bâton, sceptre des rois antiques, a toujours été un insigne du pouvoir. Cetteexpression a été conservée chez nous pour le président de l’ordre des Avocats.