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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
duquel se trouvait un soleil d’or. La devise de l’ordre était : Monjîrantregibus aftra viam (l’étoile montre aux rois le chemin).
Le fermoir ou agrafe du mantel portait les mêmes insignes que le chatonde la bague; tous deux étaient la marque essentielle de l’ordre.
Les chevaliers étaient tenus de faire remettre l’un & l’autre à la NobleMaison le jour de leur trépassement « pour en ordonner au proufit de leursâmes & à honneur de l’église de la Noble Maison, en laquelle sera fait leurservice solennellement. »
On voit sous Charles V qu’un collier fait alors partie de la décorationdes chevaliers marquants de l’ordre.
Le règlement imposait aux chevaliers un serment, des conditions obliga-toires & des pratiques religieuses.
Le serment prouve que l’ordre était une chevalerie militaire : à leurréception, les chevaliers devaient jurer : « qu’à leur pouvoir ils donrontloyal conseil au prince, de ce qu’il leur demandera, soit d’armes, soitd’autres choses. »
Pour principales conditions obligatoires, les chevaliers ne pouvaient,sans le congé du roi, grand maître, recevoir aucun ordre que le sien, &devaient renoncer à celui qu’ils auraient reçu auparavant, ou du moinsn’en faire que leur second titre de décoration. Ils ne pouvaient entreprendreaucun voyage lointain sans en prévenir le prince (i).
Comme pratique religieuse, les chevaliers devaient jeûner le samedi, jourconsacré plus particulièrement à la Vierge. « Se ils peuvent bonnement,& se bonnement ne peuvent jeûner, ou ne veulent, ils donront ce jourquinze deniers pour Dieu, en honneur des quinze joies Notre-Dame. »
L’assemblée générale devait se tenir tous les ans, la veille de l’Assomp-tion, en la Noble Maison, pour y demeurer tout le jour & le lendemain jourde la fête jusqu’à vespres « se ils peuvent bonnement & se bonnement n’ypeuvent venir, ils seront creu par leur simple parole. »
Aux deux mêmes jours, il y aurait en la Noble Maison (de Saint-Ouen)
(i) Froissart, on l’a vu, dit que les Chevaliers juraient qu’ils ne fuiraient en batailleplus loin de quatre arpents, & alors mourraient ou se rendraient prisonniers. Ils netinrent que trop ce serment à Poitiers (i356), où treize comtes, soixante-dix barons& deux mille hommes d’armes nobles, sans compter le roi, furent faits prisonniers;onze mille morts étaient reliés sur le champ de bataille. Des dispositions plus habiles,sans ce faux point d’honneur, auraient facilement assuré la viéloire.