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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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CHEVALERIE EN ORIENT.

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lesprit. Quand des nuées de barbares se répandirent dans les Gaules &quils en occupèrent le territoire, la civilisation nétait pas morte, mais seu-lement engourdie & comme écrasée sous dimmenses ruines. Le chriftia-nisme, alors, fit des merveilles ; les évêques étaient, pour la plupart, dil-lustres conservateurs, nés en Italie & connaissant les splendeurs de lacivilisation byzantine; quand ils parlaient au peuple, ce nétait que parimages ; quand ils officiaient, au milieu de nuages dencens, ils voulaient êtrepompeusement entourés & accompagnés par les chants sacrés. Les mœursrudes & les coutumes barbares de la Germanie sadoucirent à ce contaét ;d'un côté, il y avait la force puissante, terrible & brutale, de l'autre tout ceque limagination peut enfanter pour la tempérer, ceft-à-dire la douceur, lecharme, la poésie & lamour; de cette union naquirent les croisades et laChevalerie.

On ne peut faire remonter la Chevalerie quaux dixième & onzièmesiècles ; tout ce quon a dit sur cette inftitution, en la faisant remonter plushaut, eft complètement apocryphe. Lordre de Y Ange dOr, le plus ancienpar la date, peut se classer sans crainte parmi ces erreurs. Voici, en quelquesmots, sa prétendue hifioire. Maxence, sétant rendu maître de Rome, étaitdevenu si odieux au sénat & au peuple romain, quon envoya prierConftantin, dont larmée était alors sur les bords du Rhin, de délivrer lepays du joug sous lequel il gémissait. Confiantin, fils de la chrétienne sainteHélène & de Constance Chlore, qui, seul, dans son gouvernement desGaules, avait refusé de sassocier à la terrible & dernière persécution deschrétiens, arriva & se trouva en présence dune armée formidable; danscette circonftance, il eut recours au Dieu des chrétiens, &, lui adressant sesvœux, implora son secours. Ceft alors quil vit apparaître dans lair unecroix lumineuse autour de laquelle on lisait ces mots : In hoc signo pinces(tu vaincras en combattant sous cet étendard). Au moment de livrer ba-taille, il eut encore une vision : un ange lui apparut qui lui présenta uneseconde fois la croix lumineuse accompagnée des mêmes promesses. Animépar ces encouragements célefies, il fit mettre la figure de cette croix sur toutesses armes & sur tous ses étendards. Il marcha donc courageusement contrelennemi, défit larmée de Maxence (3io), &, ayant embrassé le chrifiia-nisme, se fit baptiser plus tard par le pape Sylveftre. Quelques hifioriensnhésitent pas à prétendre que ce fut à cette occasion quil inffitua lordre delAnge dOr. Nous navons pas à nous appesantir ici sur les divisions de cetordre, ni sur les documents que lon donne à lappui de son ancienneté.