ACTE II, SCENE II.
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JOSABET.
Je tremble. Hâtez-vous d’éclaircir voire mère.
ZACHARIE.
Déjà, selon la loi, le grand prêtre mon père,
Après avoir au Dieu qui nourrit les humainsDe la moisson nouvelle offert les premiers pains,
Lui présentait encore entre ses mains sanglantesDes victimes de paix les entrailles fumantes ;
Debout à ses côtés, le jeune ÉliacinComme moi le servait en long habit de lin ;
Et cependant du sang de la chair immoléeLes prêtres arrosaient l’autel et l’assemblée :
Un bruit confus s’élève, et du peuple surprisDétourne tout à coup les yeux et les esprits.
Une femme... (peut-on la nommer sans blasphème) !Une femme... C’était Alhalie elle-même.
JOSABF.T.
Ciel!
ZACIIARIE.
Dans un des parvis, aux hommes réservé,Cette femme superbe entre, le front levé,
Et se préparait même à passer les limitesDe l’enceinte sacrée ouverte aux seuls lévites.
Le peuple s’épouvante, et fuit de toutes parts.
Mon père... ah ! quel courroux animait ses regards !Moïse à Pharaon parut moins formidable :
« Reine, sors, a-t-il dit, de ce lieu redoutable,
« D’où te bannit ton sexe et ton impiété.
« Viens-tu du Dieu vivant braver la majesté? »
La reine alors, sur lui jetant un œil farouche,
Pour blasphémer sans doute ouvrait déjà la bouche :J’ignore si de Dieu l’ange se dévoilantEst venu lui montrer un glaive étincelant ;
Mais sa langue en sa bouche à l’instant s’est glacée,Et toute son audace a paru terrassée ;
Ses yeux, comme effrayés, n’osaient se détourner :Surtout Éliacin paraissait l’étonner.
JOSABET.
Quoi donc ! Éliacin a paru devant elle?
ZACHARIE.
Nous regardions tous deux cette reine cruelle,