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Théâtre complet de J. Racine
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611
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ACTE I, SCËAE 111.

(il l

11 ne recherche point, aveugle en sa colère ,

Sur le fils qui le craint limpiété du père.

Tout ce qui reste encor de fidèles HébreuxLui viendront aujourdhui renouveler leurs vœuxAutant que de David la race est respectée,

Autant de Jézabel la fille est détestée.

Joas les touchera par sa noble pudeur,

semble de son sang reluire la splendeur :

Et Dieu, par sa voix même appuyant notre exempleDe plus près à leur cœur parlera dans son temple.

Deux infidèles rois tour à tour lont bravé :

II faut que sur le trône un roi soit élevé,

Qui se souvienne un jour quau rang de ses ancêtresDieu la fait remonter par la main de ses prêtres,

La tiré par leurs mains de loubli du tombeau,

Et de David éteint rallumé le flambeau.

Grand Dieu, si tu prévois quindigne de sa raceIl doive de David abandonner la trace,

Quil soit comme le fruit en naissant arraché,

Ou quun souffle ennemi dans sa fleur a séché!

Mais si ce même enfant, à tes ordres docile,

Doit être à tes desseins un instrument utile,

Fais quau juste héritier le sceptre soit remis;

Livre en mes faibles mains ses puissants ennemis;Confonds dans ses conseils une reine cruelle !

Daigne, daigne, mon Dieu, sur Mathan et sur elleRépandre cet esprit dimprudence et derreur,

De la chute des rois funeste avant-coureur!

Lheure me presse : adieu. Des plus saintes famillesVotre fils et sa sœur vous amènent les filles.

SCÈNE I II.

JOSABET, ZACHARIE, SALOMITII, LE CHŒUR.

JOSABET.

Cher Zacharie, allez, ne vous arrêtez pas;

De votre auguste père accompagnez les pas.

O filles de Lévi, tr oupe jeune et fidèle,

Que déjà le Seigneur embrase de son zèle,

Qui venez si souvent partager mes soupirs,

Enfants, ma seule joie en mes longs déplaisirs,