ACTE I, SCËA’E 111.
(il l
11 ne recherche point, aveugle en sa colère ,
Sur le fils qui le craint l’impiété du père.
Tout ce qui reste encor de fidèles HébreuxLui viendront aujourd’hui renouveler leurs vœuxAutant que de David la race est respectée,
Autant de Jézabel la fille est détestée.
Joas les touchera par sa noble pudeur,
Où semble de son sang reluire la splendeur :
Et Dieu, par sa voix même appuyant notre exempleDe plus près à leur cœur parlera dans son temple.
Deux infidèles rois tour à tour l’ont bravé :
II faut que sur le trône un roi soit élevé,
Qui se souvienne un jour qu’au rang de ses ancêtresDieu l’a fait remonter par la main de ses prêtres,
L’a tiré par leurs mains de l’oubli du tombeau,
Et de David éteint rallumé le flambeau.
Grand Dieu, si tu prévois qu’indigne de sa raceIl doive de David abandonner la trace,
Qu’il soit comme le fruit en naissant arraché,
Ou qu’un souffle ennemi dans sa fleur a séché!
Mais si ce même enfant, à tes ordres docile,
Doit être à tes desseins un instrument utile,
Fais qu’au juste héritier le sceptre soit remis;
Livre en mes faibles mains ses puissants ennemis;Confonds dans ses conseils une reine cruelle !
Daigne, daigne, mon Dieu, sur Mathan et sur elleRépandre cet esprit d’imprudence et d’erreur,
De la chute des rois funeste avant-coureur!
L’heure me presse : adieu. Des plus saintes famillesVotre fils et sa sœur vous amènent les filles.
SCÈNE I II.
JOSABET, ZACHARIE, SALOMITII, LE CHŒUR.
JOSABET.
Cher Zacharie, allez, ne vous arrêtez pas;
De votre auguste père accompagnez les pas.
O filles de Lévi, tr oupe jeune et fidèle,
Que déjà le Seigneur embrase de son zèle,
Qui venez si souvent partager mes soupirs,
Enfants, ma seule joie en mes longs déplaisirs,