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ESTHER.
ÉLISE.
Que ce nouvel honneur va croître son audace !
Je le vois, mes sœurs, je le voi :
A la table d’Esther l’insolent près du roiA déjà pris sa place.
UNE DES ISRAÉLITES.
Ministres du festin, de grâce, dites-nous,
Quels mets à ce cruel, quel vin préparez-vous ?
UNE AUTRE.
Le sang de l’orphelin,
UNE TROISIÈME.
Les pleurs des misérables,
LA SECONDE.
Sont ses mets les plus agréables.
LA TROISIÈME.
C’est son breuvage le plus doux.
ÉLISE.
Chères sœurs, suspendez la douleur qui vous presse.Chantons, on nous l’ordonne ; et que puissent nos chantsDu cœur d’Assuérus adoucir la rudesse,
Comme autrefois David, par ses accords touchants,
Calmait d’un roi jaloux la sauvage tristesse !
(Tout le reste de celte scène est chanté.)
UNE ISRAÉLITE.
Que le peuple est heureux,
Lorsqu’un roi généreux,
Craint dans tout l’univers, veut encore qu’on l’aime!
Heureux le peuple ! heureux le roi lui-mème !
TOUT LE CHOEUR.
O repos ! 6 tranquillité !
O d’un parfait bonheur assurance éternelle,
Quand la suprême autoritéDans ses conseils a toujours auprès d’elleLa justice et la vérité !
Los quatre stances suivantes sont chantées alternativement par uuevoix seule et par le chœur.
UNE ISRAÉLITE.
Rois, chassez la calomnie :
Ses criminels attentatsDes plus paisibles Etats