ACTE [II, SCENE III.
587
Dans le sang de la reine est prête à se plonger.
Et le roi, qui ne sait où trouver le coupable,
N’impute qu’aux seuls Juifs ce projet détestable
AMAN.
Oui, ce sont, cher ami, des monstres furieux :
Il faut craindre surtout leur chef audacieux.
La terre avec horreur dès longtemps les endure ;
Et l’on n’en peut trop tôt délivrer la nature.
Ah ! je resuire enfin. Chère Zarès, adieu.
IIYDASrE.
Les compagnes d’Esther s’avancent vers ce lieu :
Sans doute leur concert va commencer la fête.
Entrez, et recevez l’honneur qu’on vous apprête.
SCÈNE III.
ÉLISE, LE CHŒUR.
Coci se récite sans chant.
UNE nES ISRAÉLITES.
C’est Aman.
UNE AUTRE.
C’est lui-même; et j’en frémis, ma sœur.
LA PREMIÈRE.
Mon cœur de crainte et d’horreur se resserre.l’autre.
C’est d’Israël le superhe oppresseur.
LA PREMIÈRE.
C’est celui qui trouble la terre.
ÉLISE.
Peut-on, en le voyant, ne le connaître pas?
L’orgueil et le dédain sont peints sur son visage.
UNE ISRAÉLITE.
On lit dans ses regards sa fureur et sa rage.
UNE AUTRE.
Je croyais voir marcher la mort devant ses pas.
une nns plus jeunes.
Je ne sais si ce tigre a reconnu sa proie :
Mais, en nous regardant, mes sœurs, il m’a sembléQu’il avait dans les yeux une barbare joieDont tout mon sang est encore troublé.