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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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548
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PIIÈDIilî.

TUÉRAMÈNE.

ü soins tardifs et superflus !Inutile tendresse ! Hippolyte nest plus.

THÉSÉE.

Dieux !

TÎIÉRAMÈNE.

Jai vu des mortels périr le plus aimable,

Et jose dire encor, seigneur, le moins coupable.

THÉSÉE.

Mon fils nest plus ! quoi ! quand je lui tends les bras ,Les dieux impatients ont hâté son trépas !

Quel coup me la ravi ? quelle foudre soudaine?

THÉRAMÈNE.

A peine nous sortions des portes de Trézène,il était sur son char; ses gardes affligésImitaient son silence, autour de lui rangés :

11 suivait tout pensif le chemin de Mycènes;

Sa main sur les chevaux laissait flotter les rênes :

Ses superbes coursiers, quon voyait autrefoisPleins dune ardeur si noble obéir à sa voix,

Lœil morne maintenant et la tête baissée,

Semblaient se conformer à sa triste pensée.

Un effroyable cri, sorti du fond des flots,

Des airs en ce moment a troublé le repos ;

Et du sein de la terre une voix formidableRépond en gémissant à ce cri redoutable.

Jusquau fond de nos cœurs notre sang sest glacé :

Des coursiers attentifs le crin sest hérissé.

Cependant, sur le dos de la plaine liquide,

Sélève gros bouillons une montagne humide :

Londe approche, se brise, et vomit à nos yeux,

Parmi des flots décume, un monstre furieux.

Son front large est armé de cornes menaçantes;

Tout son corps est couvert décailles jaunissantes ;Indomptable taureau, dragon impétueux,

Sa croupe se recourbe en replis tortueux ;

Ses longs mugissements font trembler le rivage.

Le ciel avec horreur voit ce monstre sauvage;

La terre sen émeut, lair en est infecté,

Le flot qui lapporta recule épouvanté.

Tout fuit ; et, sans sarmer dun courage inutile,