PHÈDRE.
5:j8
Ne 111 e préparez point la douleur éternellel)e l’avoir fait répandre à la main paternelle.
THÉSÉE.
Non, madame, en mon sang ma main n’a point trempéMais l’ingrat toutefois ne m’est point échappé :
Une immortelle main de sa perte est chargée,
Neptune me la doit ; et vous serez vengée.
PnÈDÜE.
Neptune vous la doit ! Quoi! vos vœux irrités...
THÉSÉE.
Quoi ! craignez-vous déjà qu’ils ne soient écoutés?Joignez-vous bien plutôt à mes vœux légitimes :
Dans toute leur noirceur retracez-moi ses crimes ;Échauffez mes transports trop lents, trop retenus.Tous ses crimes encor ne vous sont pas connus :
Sa fureur contre vous se répand en injures;
Votre bouche, dit-il, est pleine d’impostures;
11 soutient qu’Aricic a son cœur, a sa foi,
Qu’il l’aime.
PHÈDRE.
Quoi, seigneur!
THÉSÉE.
Il l’a dit devant moi.Mais je sais rejeter un frivole artifice.
Espérons de Neptune une prompte justice :
Je vais moi-môme encore au pied de ses autelsLe presser d’accomplir ses serments immortels.
SCÈNE V.
PHÈDRE.
!l sort. Quelle nouvelle a frappé mon oreille!
Quel feu mal étouffé dans mon cœur se réveille !
Quel coup de foudre, oli ciel ! et quel funeste avis !
Je volais tout entière au secours de son fils;
Et, m’arrachant des bras d’Œnone épouvantée,
Je cédais aux remords dont j’étais tourmentée.
Qui sait même où m’allait porter ce repentir?
Peut-être à m’accuser j’aurais pu consentir;
Peut-être, si la voix ne m’eût été coupée,
L’affreuse vérité me serait échappée.