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Théâtre complet de J. Racine
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535
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ACTE IV, SCÈNE If.

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mrroLYTE.

lTun amour criminel Phèdre accuse Ilipgolytc!

Un tel excès dhorreur rend mon ûme interdite :

Tant de coups imprévus maccablent à la fois,

Quils môtent la parole, et métouffent la voix.

THÉSÉE.

Traître, tu prétendais quen un lâche silencePhèdre ensevelirait ta brutale insolence :

Il fallait, en fuyant, ne pas abandonnerLe fer qui dans ses mains aide à te condamner ;

Ou plutôt il fallait, comblant la perfidie,

Lui ravir tout dun coup la parole et la vie.

ÏIIPPOLYTE.

Dun mensonge si noir justement irrité,

Je devrais faire ici parier la vérité,

Seigneur i mais je supprime un secret qui vous touche.Approuvez le respect qui me ferme la bouche;

Et, sans vouloir vous-méme augmenter vos ennuis,Examinez ma vie, et songez qui je suis.

Quelques crimes toujours précèdent les grands crimes :Quiconque a pu franchir les bornes légitimesPeut violer enfin les droits les plus sacrés :

Ainsi que la Y'ertu le crime a ses degrés ;

Et jamais on na vu la timide innocencePasser subitement à lextrême licence.

Un jour seul ne fait point dun mortel vertueuxUn perfide assassin, un lâche incestueux.

Élevé dans le sein dune chaste heroine,

Je nai point de son sang démenti lorigine -,

Pitthée, estimé sage entre tous les humains,

Daigna minstruire encore au sortir de ses mains.

Je ne veux point me peindre avec trop davantage ;Mais si quelque vertu mest tombée en partage,Seigneur, je crois surtout, avoir fait éditerLa haine des forfaits quon ose mimputer.

Cest par qullippolyte est connu dans la Grèce.

Jai poussé la vertu jusques à la rudesse :

On sait de mes chagrins linflexible rigueur ;

Le jour nest pas plus pur que le fond de mon cœur.

Et lon veut quHippolyte , épris dun feu profane...