ACTE IV, SCÈNE If.
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mrroLYTE.
lTun amour criminel Phèdre accuse Ilipgolytc!
Un tel excès d’horreur rend mon ûme interdite :
Tant de coups imprévus m’accablent à la fois,
Qu’ils m’ôtent la parole, et m’étouffent la voix.
THÉSÉE.
Traître, tu prétendais qu’en un lâche silencePhèdre ensevelirait ta brutale insolence :
Il fallait, en fuyant, ne pas abandonnerLe fer qui dans ses mains aide à te condamner ;
Ou plutôt il fallait, comblant la perfidie,
Lui ravir tout d’un coup la parole et la vie.
ÏIIPPOLYTE.
D’un mensonge si noir justement irrité,
Je devrais faire ici parier la vérité,
Seigneur i mais je supprime un secret qui vous touche.Approuvez le respect qui me ferme la bouche;
Et, sans vouloir vous-méme augmenter vos ennuis,Examinez ma vie, et songez qui je suis.
Quelques crimes toujours précèdent les grands crimes :Quiconque a pu franchir les bornes légitimesPeut violer enfin les droits les plus sacrés :
Ainsi que la Y'ertu le crime a ses degrés ;
Et jamais on n’a vu la timide innocencePasser subitement à l’extrême licence.
Un jour seul ne fait point d’un mortel vertueuxUn perfide assassin, un lâche incestueux.
Élevé dans le sein d’une chaste heroine,
Je n’ai point de son sang démenti l’origine -,
Pitthée, estimé sage entre tous les humains,
Daigna m’instruire encore au sortir de ses mains.
Je ne veux point me peindre avec trop d’avantage ;Mais si quelque vertu m’est tombée en partage,Seigneur, je crois surtout, avoir fait éditerLa haine des forfaits qu’on ose m’imputer.
C’est par lè qu’llippolyte est connu dans la Grèce.
J’ai poussé la vertu jusques à la rudesse :
On sait de mes chagrins l’inflexible rigueur ;
Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur.
Et l’on veut qu’Hippolyte , épris d’un feu profane...