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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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518
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3IS

PHÈDRE.

Vous voyez devant vous un prince déplorable,

D’un téméraire orgueil exemple mémorable :

Moi qui, contre l’amour fièrement révolté ,

Aux fers de ses captifs ai longtemps insulté;

Qui, des faibles mortels déplorant les naufrages,

Pensais toujours du bord contempler les orages :

Asservi maintenant sous la commune loi,

Par quel trouble me vois-je emporté loin de moiUn momen t a vaincu mon audace imprudente :

Celte ûme si superbe est enfin dépendante.

Depuis près de six mois, honteux, désespéré,

Portant partout le trait dont je suis déchiré,

Contre vous, contre moi, vainement je m’éprouve :Présente, je vous fuis; absente, je vous trouve;

Dans le fond des forêts votre image me suit ;

La lumière du jour, les ombres de la nuit,

Tout retrace à mes yeux les charmes que j’évite;

Tout vous livre à l’envi le rebelle Hippolyte.

Moi-même, pour tout fruit de mes soins superflus,Maintenant je me cherche, et ne me trouve plus :

Mon arc, mes javelots, mouchai-, tout m’importune;

Je ne me souviens plus des leçons de Neptune;

Mes seuls gémissements font retentir les bois,

Et mes coursiers oisifs ont oublié ma voix.

Peut-être le récit d’un amour si sauvageVous fait, en m’écoutant, rougir de votre ouvrage.

D’un cœur qui s’offre à vous quel farouche entretien !Quel étrange captif pour un si beau lien!

Mais l’offrande à vos yeux en doit être plus chère :

Songez que je vous parle une langue étrangère;

Et ne rejetez pas des voeux mal exprimés,

Qu’Hippolyte sans x'ous n’aurait jamais formés.

SCÈNE III.

HIPPOLYTE, ARIC1E, TIIÉRAMÈNE, ISMÈNK.

TIIÉIUMÈXE.

Seigneur, la reine vient, et je l’ai devancée :

Elle vous cherche.

IIII'POLYTE.

Moi?