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PHÈDRE.
Mais ne différez point ; chaque moment vous tue :Réparez promptement votre force abattue,
Tandis que de vos jours prêts à se consumerLe flambeau dure encore et peut se rallumer.
niÈmiE.
J’en ai trop prolongé la coupable durée.
oenone.
Quoi ! de quelques remords êtes-vous déchirée ?
Quel crime a pu produire un trouble si pressant?
Vos mains n’ont point trempé dans le sang innocent?
PUÈDRE.
Grâces au ciel, mes mains ne sont point criminelles.
Plût aux dieux que mon cœur fût innocent comme elles!
OENONE.
Et quel affreux projet avez-vous enfantéDont votre cœur encor doive être épouvanté?
PHÈDRE.
Je t’en ai dit assez : épargne-moi le reste.
Je meurs, pour ne point faire un aveu si funeste.
OENONE.
Mourez donc, et gardez un silence inhumain :
Mais pour fermer vos yeux cherchez une autre main.Quoiqu’il vous reste à peine une faible lumière,
Mon âme chez les morts descendra la première ;
Mille chemins ouverts y conduisent toujours,
Et ma juste douleur choisira les plus courts.
Cruelle ! quand ma foi vous a-t-elle déçue?
Songez-vous qu’en naissant mes bras vous ont reçue?Mon pays, mes enfants, pour vous j’ai tout quitté.Réserviez-vous ce prix à ma fidélité ?
PHÈDRE.
Quel fruit espères-tu de tant de violence ?
Tu frémiras d’horreur si je romps le silence.
OENONE.
Et que me direz-vous qui ne cède, grands dieux !
A l’horreur de vous voir expirer à mes yeux ?
PHÈDRE.
Quand tu sauras mon crime, et le sort qui m’accable,
Je n’en mourrai pas moins; j’en mourrai plus coupable.
OENONE.
Madame, au nom des pleurs que pour vous j’ai versés,Par vos faibles genoux que je tiens embrassés,