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Théâtre complet de J. Racine
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ACTE V, SCENE V.

Iphigénie avait retiré dans son sein?

Ériphilc, en ces lieux par vous-même conduite,

A seule à tous les Grecs révélé votre fuite.

CLÏTEMNESTRE.

O monstre, que Mégère en ses lianes a porté!

Monstre, que dans nos bras les enfers ont jeté !

Quoi! tu ne mourras point! quoi! pour punir son crime...Mais où va ma douleur chercher une victime?

Quoi ! pour noyer les Grecs et leurs mille vaisseaux,

Mer, tu n’ouvriras pas des abîmes nouveaux !

• Quoi ! lorsque, les chassant du port qui les recèle,L’Aulide aura vomi leur flotte criminelle,

Les vents, les mêmes vents si longtems accusés,

Ne. te couvriront pas de ses vaisseaux brisés '

Et toi, soleil, et toi, qui dans cette contréeReconnais l’héritier et le vrai fils d’Atrée,

Toi, qui n’osas du père éclairer le festin,

Recule, ils t’ont appris ce funeste chemin !

Mais cependant, oh ciel ! ô mère infortunée !

De festons odieux ma tille couronnée

Tend la gorge aux couteaux par son père apprêtés.

Calchas va dans son sang... Barbares, arrêtez ;

C’est le pur sang du dieu qui lance le tonnerre...

J’entends gronder la foudre, et sens trembler la terre;

Un dieu vengeur, un dieu fait retentir ces coups.

SCÈNE V.

CLYTEMNESTRE, ÆG1NE, ARCAS, cardes.

ARCAS.

N’eu doutez point, madame, un dieu combat pour vous.Achille en ce moment exauce vos prières;

Il a brisé des Grecs les trop faibles barrières :

Achille est à l’autel. Calchas est éperdu :

Le fatal sacrifice est encor suspendu.

On se menace, on court, l’air gémit, le fer brille.Achille fait ranger autour de votre filleTous ses amis, pour lui prêts à se dévouer.

Le triste Agamemnon, qui n’ose l’avouer,

l’our détourner ses yeux des meurtres qu’il présage,