ACTE IV, SCÈNE I.
Quel peut être cet ordre? et que puis-je répondre ?
11 u’eu faut point douter, le sultan inquietUne seconde fois condamne Baj.azet.
On ne peut sur ses jours sans moi rien entreprendre :Tout m’obéit ici. Mais dois-je le défendre?
Quel est mon empereur? Bajazet? Amurat?
J ’ai trahi l’un ; mais l’autre est peut-être un ingrat.Le temps presse ; que faire en ce doute funeste ?Allons : employons bien le moment qui nous reste.
Us ont beau se cacher, l’amour le plus discretLaisse par quelque marque échapper sou secret.Observons Bajazet; étonnons Atalide :
Et couronnons l’amant, ou perdons le perfide.
ACTE QUATRIÈME.
SCÈNE I.
ATALIDE, ZAÏRE
ATALIDE.
Ah 1 sais-tu mes frayeurs ? sais-tu que dans ces lieuxJ’ai vu du fier Orcan le visage odieux ?
En ce moment fatal, que je crains sa venue !
Que je crains... Mais, dis-moi, Bajazet t’a-t-il vue?Qu’a-t-il dit ? se rend-il, Zaïre, à mes raisons ?Ira-t-il voir Roxane, et calmer ses soupçons ?
ZAÏRE.
11 ne peut plus la voir sans qu’elle le commande :Roxane ainsi l’ordonne, elle veut qu’il l’attende.Sans doute à cet esclave elle veut le cacher.
J’ai feint en le voyant de no le point chercher :
J’ai rendu votre lettre, et j’ai pris sa réponse.Madame, vous verrez ce qu’elle vous annonce.
ATALIDE lit.
Après tant d’injustes détours,
Faut-il qu’à feindre votre amour me convie !
Mais je veux bien prendre soin d’une vieDont vous jurez que dépendent vos jours.
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