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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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349
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ACTE II, SCÈNE V.

ATALIDE.

C’est de quoi je viens l’entretenir.Mais laissez-nous : Roxane, à sa perte animée,Veut que de ce palais la porte soit fermée.Toutefois, Acomat, ne vous éloignez pas;Peut-être on vous fera revenir sur vos pas.

SCÈNE Y.

BAJAZET, ATALIDE.

BAJAZET.

Eh bien ! c’est maintenant qu’il faut que je vous laisse.Le ciel punit ma feinte, et confond votre adresse ;

Rien ne m’a pu parer contre ses derniers coups :

Il fallait ou mourir, ou n’être plus à vous.

De quoi nous a servi cette indigne contrainte?

Je meurs plus tard : voilà tout le fruit de ma feinte.

Je vous l’avais prédit : mais vous l’avez voulu ;

J’ai reculé vos pleurs autant que je l’ai pu.

Belle Atalide, au nom de cette complaisance,

Daignez de la sultane éviter la présence :

Vos pleurs vous trahiraient ; cachez-Ies à ses yeux,

Et ne prolongez point de dangereux adieux.

ATALIDE.

Non, seigneur. Vos bontés pour une infortunéeOnt assez disputé contre la destinée.

Il vous en coûte trop pour vouloir m’épargner :

11 faut vous rendre; il faut me quitter, et régner.

BAJAZET.

Vous quitter !

ATALIDE.

Je le veux. Je me suis consultéeDe mille soins jaloux jusqu’alors agitée,

11 est vrai, je n’ai pu concevoir sans effroiQue Bajazet pût vivre et n’être plus à moi ;

Et lorsque quelquefois de ma rivale heureuseJe me représentais l’image douloureuse,

Votre mort (pardonnez aux fureurs des amants)Ne me paraissait pas le plus grand des tourments.Mais à mes tristes yeux votre mort préparée

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