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Théâtre complet de J. Racine
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BAJAZET.

Peut-être je saurai, dans ce désordre extrême,Par uu beau désespoir me secourir moi-même ;Attendre, en combattant, l’eflet de votre foi,

Et vous donner le temps de venir jusqu’à moi.

ACOMAT.

Hé ! pourrai-je empêcher, malgré ma diligence,Que Roxane d’un coup n’assure sa vengeance ?Alors qu’aura servi ce zèle impétueux,

Qu’à charger vos amis d’un crime infructueux ?Promettez : affranchi du péril qui vous presse,Vous verrez de quel poids sera votre promesse.

ACOMAT.

Ne rougissez point : le sang des OttomansNe doit point en esclave obéir aux serments.Consultez ces héros que le droit de la guerreMena victorieux jusqu’au bout de la terre :Libres dans leur victoire, et maîtres de leur foi,L’intérêt de l’État lut leur unique loi ;

Et d’un trône si saint la moitié n’est fondéeQue sur la foi promise et rarement gardée.

Je m’emporte, seigneur.

BAJAZET.

Oui, je sais, Acomat,Jusqu’où les a portés l’intérêt de l’État :

Mais ces mêmes héros, prodigues de leur vie,

Ne la rachetaient point par une perfidie.

ACOMAT.

O courage inflexible ! ô trop constante foi,

Que, même en périssant, j’admire malgré moi !Faut-il qu’en un momeut un scrupule timidePerde... Mais quel bonheur nous envoie Atalide ?

SCÈNE IV.

BAJAZET, ATALIDE, ACOMAT.

ACOMAT.

Ah madame 1 venez avec moi vous unir,il se perd.