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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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346
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BAJAZET.

SCÈNE III.

BAJAZET, ACOMAT.

ACOMAT.

Seigneur, quai-je entendu? Quelle surprise extrêmelQuallez-vous devenir? que deviens-je moi-même?D naît ce changement? qui dois-je en accuser?

Oh ciel 1

BAJAZET.

11 ne faut point ici vous abuser.

Roxane est offensée, et court à la vengeance :

Un obstacle éternel rompt notre intelligence.

Vizir, songez à vous, je vous en averti;

Et, sans compter sur moi, prenez votre parti.

ACOMAT.

Quoi !

BAJAZET.

Vous et vos amis, cherchez quelque retraite.Je sais dans quels périls mon amitié vous jette ;

Et jespérais un jour vous mieux récompenser.

Mais, cen est fait, vous dis-je, il ny faut plus penser.

ACOMAT.

Et quel est donc, seigneur, cet obstacle invincible?Tantôt dans le sérail jai laissé tout paisible :

Quelle fureur saisit votre esprit et le sien ?

BAJAZET.

Elle veut, Acomat, que je lépouse.

ACOMAT.

Eh bien !

Lusage des sultans à ses vœux est contraire;

Mais cet usage enfin, est-ce une loi sévère,

Quaux dépens de vos jours vous deviez observer ?

La plus sainte des lois, ah ! cest de vous sauver,

Et darracher, seigneur, dune mort manifesteLe sang des Ottomans, dont vous faites le reste.

BAJAZET.

Ce reste malheureux serait trop acheté,,

Sil faut le conserver par une lâcheté.

ACOMAT.

Et pourquoi vous en faire une image si noire ?