ACTE II, SCÈNE I.
Laisse, sans t’alarmer, ton amant sur sa foi.
Penses-tu mériter qu’on se perde pour toi?
Peut-être Bajazet, secondant ton envie,
Plus que tu ne voudras aura soin de sa vie.
ZAÏRE.
Ali I dans quels soins, madame, allez-vous vous plonger?Toujours avant le temps faut-il vous affliger?
Vous n’en pouvez douter, Bajazet vous adore :
Suspendez ou cachez l’ennui qui vous dévore;
N’allez point par vos pleurs déclarer vos amours.
La main qui Ta sauvé le sauvera toujours,
Pourvu qu’entretenue en son erreur fataleRoxane jusqu’au bout ignore sa rivale.
Venez en d’autres lieux renfermer vos regrets,
Et de leur entrevue attendre le succès.
ATALIUE.
Eh bien, Zaïre, allons. Et toi, si ta justiceDe deux jeunes amants veut punir l’artifice,
O ciel, si notre amour est condamné de toi,
Je suis la plus coupable, épuise tout sur moi.
ACTE SECOND.
SCÈNE I.
BAJAZET, ROXANE.
110XANE.
Prince, l’heure fatale est enfin arrivéeQu’à votre liberté le ciel a réservée.
Rien ne me retient plus ; et je puis dès ce jourAccomplir le dessein qu’a formé mon amour.
Non que, vous assurant d’un triomphe facile,
Je mette entre vos mains un empire tranquille;
Je fais ce que je puis, je vous l’avais promis :
J’arme votre valeur contre vos ennemis,
J’écarte de vos jours un péril manifeste;
Votre vertu, seigneur, achèvera le reste.
Osmin a vu l’armée ; elle penche pour vous ;
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