ACTE X, SCÈNE IV.
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SCÈNE IV.
ATALIDE, ZAÏRE.
ATALIDE.
Zaïre, c’en est fait, Atalide est perdue.
ZAÏRE.
Vous?
ATALIDE.
Je prévois déjà tout ce qu’il faut prévoir.Mon unique espérance est dans mon désespoir.
ZAÏRE.
Mais, madame, pourquoi?
ATAUDE.
Si tu venais d’entendre
Quel funeste dessein Roxane vient de prendre,Quelles conditions elle veut imposer !
Bajazet doit périr, dit-elle, ou l’épouser.
S’il se rend, que deviens-je en ce malheur extrême?Et, s’il ne se rend pas, que devient-il lui-même ?
ZAÏRE.
Je conçois ce malheur. Mais, à ne point mentir,Votre amour, dès longtemps, a dû le pressentir.
ATAUDE.
Ah Zaïre! l’amour a-t-il tant de prudence?
Tout semblait avec nous être d’intelligence :
Roxane, se livrant tout entière à ma foi,
Du cœur de Bajazet se reposait sur moi,M’abandonnait le soin de tout ce qui le touche,
Le voyait par mes yeux, lui parlait par ma bouche ;Et je croyais toucher au bienheureux momentOù j’allais par ses mains couronner mon amant.
Le ciel s’est déclaré contre mon artifice.
Et que fallait-il donc, Zaïre, que je fisse ?
A Terreur de Roxane ai-je dù m’opposer,
Et perdre mon amant pour la désabuser ?
Avant que dans son cœur cette amour fût formée,J’aimais, et je pouvais m’assurer d’être aimée.
Dès nos plus jeunes ans, tu t’en souviens assez,L’amour serra les nœuds par le sang commencés.Élevée avec lui dans le sein de sa mère,