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Théâtre complet de J. Racine
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ACTE V, SCENE VII.

.le conjure les dieux dépuiser tous les coupsQui pourraient menacer une si belle vieSur ces jours malheureux que je vous sacrifie.

BÉRÉNICE, so levant.

Arrêtez, arrêtez 1 Princes trop généreux,

En quelle extrémité me jetez-vous tous deux !

Soit que je vous regarde, ou que je lenvisage,Partout du désespoir je rencontre limage;

Je ne vois que des pleurs, et je nentends parlerQue de (rouble, dhorreurs, de sang prêt à couler.

(à Titus.)

Mon cœur vous est connu , seigneur, et je puis direQuon ne la jamais vu soupirer pour lempire :

La grandeur des Romains, la pourpre des CésarsNa point, vous le savez, attiré mes regards.

Jaimais, seigneur, jaimais, je voulais être aimée.Ce jour, je lavouerai, je me suis alarmée;

Jai cru que votre amour allait finir son cours :

Je connais mon erreur, et vous maimez toujours.Votre coeur sest troublé, jai vu couler vos larmes.Bérénice, seigneur, ne vaut point tant dalarmes,

Ni que par votre amour lunivers malheureux,

Dons le temps que Titus attire tous ses vœux,

Et que de vos vertus il goûte les prémices,

Se voie en un moment enlever ses délices.

Je crois , depuis cinq ans jusquil ce dernier jour,Vous avoir assuré dun véritable amour :

Ce nest pas tout ; je veux, en ce moment funeste,Par un dernier effort couronner tout le reste :

Je vivrai, je suivrai vos ordres absolus.

Adieu, seigneur. Régnez : je ne vous verrai plus.

(à Antiochus.)

Prince, après cet adieu, vous jugez bien vous-mêmeQue je ne consens pas de quitter ce que jaimePour aller loin de Rome écouter dantres vœux.Vivez, et faites-vous un effort généreux.

Sur Titus et sur moi réglez votre conduite :

Je laime, je le fuis ; Titus maime, il me quitte :Portez loin de mes yeux vos soupirs et vos fers.Adieu. Servons tous trois dexemple à lunivers

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RACINE.

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