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Théâtre complet de J. Racine
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267
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ACTE V, SCÈNE VF.

Qui vous auraient coûté de plus justes regrets :

11 aspirait plus loin quà lhymen de Junie;

De vos propres bontés il vous aurait punie.

11 vous trompait vous-même, et son cœur offenséPrétendait tôt ou tard rappeler le passé.

Soit donc que malgré vous le sort vous ait servie ;

Soit quinstruit des complots qui menaçaient sa vie,Sur ma fidélité César sen soit remis,

Laissez les pleurs, madame, à vos seuls ennemis;Quils mettent ce malheur au rang des plus sinistres :Mais vous...

AGRIPPINE.

Poursuis, Néron; avec de tels ministres,Par des faits glorieux tu te vas signaler;

Poursuis. Tu nas pas fait ce pas pour reculer :

Ta main a commencé par le sang de ton frère;

Je prévois que tes coups viendront jusquà ta mère :Dans le fond de ton cœur je sais que tu me hais ;

Tu voudras taffranchir du joug de mes bienfaits.

Mais je veux que ma mort te soit même inutile :

Ne crois pas quen mourant je te laisse tranquille ;Rome, ce ciel, ce jour que tu reçus de moi,

Partout, à tout moment, moffriront devant toi.

Tes remords te suivront comme autant de furies :

Tu croiras les calmer par dautres barbaries;

Ta fureur, sirritant soi-même dans son cours,

Dun sang toujours nouveau marquera tous tes jours.Mais jespère quenfin le ciel, las de tes crimes.Ajoutera ta perte à tant dautres victimes;

Quaprès têtre couvert de leur sang et du mien,

Tu te verras forcé de répandre le tien;

Et ton nom paraîtra, dans la race future,

Aux plus cruels tyrans une cruelle injure.

Voilà ce que mon cœur se présage de toi.

Adieu : tu peux sortir.

NÉRON.

Narcisse, suivez-moi.

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