ACTE V, SCÈNE VF.
Qui vous auraient coûté de plus justes regrets :
11 aspirait plus loin qu’à l’hymen de Junie;
De vos propres bontés il vous aurait punie.
11 vous trompait vous-même, et son cœur offenséPrétendait tôt ou tard rappeler le passé.
Soit donc que malgré vous le sort vous ait servie ;
Soit qu’instruit des complots qui menaçaient sa vie,Sur ma fidélité César s’en soit remis,
Laissez les pleurs, madame, à vos seuls ennemis;Qu’ils mettent ce malheur au rang des plus sinistres :Mais vous...
AGRIPPINE.
Poursuis, Néron; avec de tels ministres,Par des faits glorieux tu te vas signaler;
Poursuis. Tu n’as pas fait ce pas pour reculer :
Ta main a commencé par le sang de ton frère;
Je prévois que tes coups viendront jusqu’à ta mère :Dans le fond de ton cœur je sais que tu me hais ;
Tu voudras t’affranchir du joug de mes bienfaits.
Mais je veux que ma mort te soit même inutile :
Ne crois pas qu’en mourant je te laisse tranquille ;Rome, ce ciel, ce jour que tu reçus de moi,
Partout, à tout moment, m’offriront devant toi.
Tes remords te suivront comme autant de furies :
Tu croiras les calmer par d’autres barbaries;
Ta fureur, s’irritant soi-même dans son cours,
D’un sang toujours nouveau marquera tous tes jours.Mais j’espère qu’enfin le ciel, las de tes crimes.Ajoutera ta perte à tant d’autres victimes;
Qu’après t’être couvert de leur sang et du mien,
Tu te verras forcé de répandre le tien;
Et ton nom paraîtra, dans la race future,
Aux plus cruels tyrans une cruelle injure.
Voilà ce que mon cœur se présage de toi.
Adieu : tu peux sortir.
NÉRON.
Narcisse, suivez-moi.
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