•m
BR1TANNICUS.
BRITANNICOS.
Je ne sais pas du moins épier ses discours :
Je la laisse expliquer sur tout ce qui me touche,
Et ne me cache point pour lui fermer la bouche.
NÉRON.
Je vous entends. Eh bien, gardes !
ItINIE.
Que faites-vous?
C’est votre frère. Hélas 1 c’est un amant jaloux !Seigneur, mille malheurs persécutent sa vie :
Ah ! son bonheur peut-il exciter votre envie?Souffrez que, de vos cœurs rapprochant les liens,Je me cache à vos yeux et me dérobe aux siens.
Ma fuite arrêtera vos discordes fatales ;
Seigneur, j’irai remplir le nombre des vestales.
Ne lui disputez plus mes vœux infortunés ;
Souffrez que les dieux seuls en soient importunés.
NÉRON.
L’entreprise, madame, est étrange et soudaine.Dans sou appartement, gardes, qu’on la remène.Gardez Britannicus dans celui de sa sœur.
BRITANNICUS.
C’est ainsi que Néron sait disputer un cœur 1
JUNIE.
Prince, sans l’irriter, cédons à cet orage.
NÉRON.
Gardes, obéissez sans tarder davantage.
SCENE IX.
NÉRON,BURRHUS.
BURRHÜS.
Que vois-je! oh ciel!
NÉRON, sans voir Burrhus. 9
Ainsi leurs feux sont redoublésJe reconnais la main qui les a rassemblés.
Agrippine ne s’est présentée à ma vue,
Ne s’est dans ses discours si longtemps étendue,Que pour faire jouer ce ressort odieux.
(apercevant Burrhus.)
Qu’on sache si ma mère est encore en ces lieux.