ACTE II], SCÈNE VII.
Madame; il me restait d’être oublié de vous.
JUNIE.
Dans un temps plus heureux, ma juste impatienceVous ferait repentir de votre défiance :
Mais Néron vous menace; en ce pressant danger,Seigneur, j’ai d’autres soins que de vous affliger.Allez, rassurez-vous, et cessez de vous plaindre;Néron nous écoutait, et m’ordonnait de feindre.
DlilTANNICUS.
Quoi! le cruel._
JUNIE.
Témoin de tout notre entretien,D’un visage sévère examinait le mien,
Prêt à faire sur vous éclater la vengeanceD’un geste confident de notre intelligence.
BR1TANNICUS.
Néron nous écoutait, madame! Mais, hélas!
Vos yeux auraient pu feindre et ne m’abuser pas :Ils pouvaient me nommer l’auteur de cet outrage.L’amour est-il muet, ou n’a-t-il qu’un langage ?De quel trouble un regard pouvait me préserver !11 fallait...
JUNIE.
Il fallait me taire et vous sauver.
Combien de fois, hélas ! puisqu’il faut vous le dire,Mon cœur de son désordre allait-il vous instruire 1De combien de soupirs interrompant le cours,
Ai-je évité vos yeux que je cherchais toujours !
Quel tourment de se taire en voyant ce qu’on aune,De l’entendre gémir, de l’affliger soi-même,
Lorsque par un regard on peut le consoler !
Mais quels pleurs ce regard aurait-il fait couler 1Ahl dans ce souvenir, inquiète, troublée,
Je ne me sentais pas assez dissimulée :
De mon front effrayé je craignais la pilleur ;
Je trouvais mes regards trop pleins de ma douleur :Sans cesse il me semblait que Néron en colèreMe venait reprocher trop de soin de vous plaire :
Je craignais mon amour vainement renfermé;
Enfin, j’aurais voulu n’avoir jamais aimé.
Hélas ! pour son bonheur, seigneur, et pour le nfttre,
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