244 BRITANNICUS.
Elle reçoit les vœux de son nouvel amant.
BRITANNICUS.
Eh bien 1 Narcisse, allons. Mais que vois-je? C’est elle.
NARCISSE, à part.
Ah dieux I A l’empereur portons cette nouvelle.
SCÈNE VIÏ.
JUNTE, BRITANNICUS.
JUN1E.
Retirez-vous, seigneur, et fuyez un courrouxQue ma persévérance allume contre vous.
Néron est irrité. Je me suis échappée,
Tandis qu’à l’arrêter sa mère est occupée.
Adieu; réservez-vous, sans blesser mon amour,
Au plaisir de me voir justifier un jour.
Votre image sans cesse est présente à mon ûme ;
Rien ne l’en peut bannir.
BRITANNICUS.
Je vous entends, madame;Vous voulez que ma fuite assure vos désirs.
Que je laisse un champ libre à vos nouveaux soupirs.Sans doute, en me voyant, une pudeur secrèteNe vous laisse goûter qu’une joie inquiète.
Eh bien, il faut partir!
JUN1E.
Seigneur, sans m’imputer...
BRITANNICUS.
Ah 1 vous deviez du moins plus longtemps disputer.
Je ne murmure point qu’une amitié communeSe range du parti que flatte la fortune ;
Que l’éclat d’un empire ait pu vous éblouir ;
Qu’aux dépens de ma sœur vous en vouliez jouir :
Mais que, de ces grandeurs comme une autre occupée,Vous rn’en ayez paru si longtemps détrompée;
Non, je l’avoue encor, mon cœur désespéréContre ce seul malheur n’était point préparé.
J’ai vu sur ma ruine élever l’injustice;
De mes persécuteurs j’ai vu le ciel complice :
Tant d’horreurs n’avaient point épuisé son courroux ,