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Théâtre complet de J. Racine
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BRITANN1CUS.

Qui sont de tous mes pas les témoins assidus,

Qui, choisis par Néron pour ce commerce infime,Trafiquent avec lui des secrets de mon Ame PQuoi quil en soit, Narcisse, on me vend tous les jours :11 prévoit mes desseins, il entend mes discours ;

Comme toi, dans mon cœur il sait ce qui se passe.

Que ten semble, Narcisse?

NARCISSE.

Ah ! quelle Ame assez basse...Cest à vous de choisir des confidents discrets,

Seigneur, et de ne pas prodiguer vos secrets.

BRITANWCUS.

Narcisse, tu dis vrai ; mais cette défianoeEst toujours dun grand cœur la dernière science;

On le Irompe longtemps. Mais enfin je te croi,

Ou plutôt je fais vœu de ne croire que toi.

Mon père, il men souvient, massura de ton zèle :

Seul de ses affranchis tu mes toujours fidèle ;

Tes yeux, sur ma conduite incessamment ouverts,

Mont sauvé jusquici de mille écueils couverts.

Va donc voir si le bruit de ce nouvel orageAura de nos amis excité le courage.

Examine leurs yeux, observe leurs discours ;

Vois si jen puis attendre un fidèle secours.

Surtout dans ce palais remarque avec adresseAvec quel soin Néron fait garder la princesse :

Sache si du péril ses beaux yeux sont remis,

Et si son entretien mest encore permis.

Cependant de Néron je vais trouver la mèreChez Pallas, comme toi laffranchi de mon père :

Je vais lavoir, laigrir, la suivre, et, sil se peut,Mengager sous son nom plus loin quelle ne veut.

ACTE SECOND.

SCÈNE I.

NÉRON, BURKl-IÜS, NARCISSE, carde»

NÉRON.

Nen doutez point, Burrhus ; malgré ses injustices,