ACTE V, SCENE V.
Où sont ces deux amants? Pour couronner ma joie,Dans leur sang, dans le mien, il faut que je me noie ;L’un et l’autre en mourant je les veux regarder •Réunissons trois cœurs qui n’ont pu s’accorder.
Mais quelle épaisse nuit tout à coup m’environne?
De quel côté sortir? D’où vient que je frissonne?Quelle horreur me saisit! Grâce au ciel, j’entrevoi...Dieux ! quels ruisseaux de sang coulent autour de moi
PYLADE.
Ah seigneur !
ORESTE.
Quoi ! Pyrrhus, je te rencontre encore !Trouverai-je partout un rival que j’abhorre?
Percé de tant de coups, comment t’es-tu sauvé?Tiens, tiens, voilà le coup que je t’ai réservé.
Mais que vois-je? A mes yeux Ilermione l’embrasse 1Elle vient l’arracher au coup qui le menace 1Dieux! quels affreux regards elle jette sur moi!Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi!Eh bien ! fdles d’enfer, vos mains sont-elles prêtes?Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes?A qui destinez-vous l’appareil qui vous suit?Venez-vous m’enlever dans l’éternelle nuit?
Venez, à vos fureurs Oreste s’abandonne.
Mais non, retirez-vous, laissez faire Ilermione :L’ingrate mieux que vous saura me déchirer;
Et je lui porte enfin mon cœur à dévorer.
PYLA.DE.
11 perd le sentiment. Amis, le temps nous presse;Ménageons les moments que ce transport nous laisse.Sauvons-le. Nos efforts deviendraient impuissantsS’il reprenait ici sa rage avec ses sens.
EIN d’aNDROMAQCE