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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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129
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ACTE U, SCÈNE V.

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SCÈNE Y.

PYRRHUS, PHOENIX.

PYRRHUS.

Eh bien, Phoenix, lamour est-il le maître ?

Tes yeux refusent-ils encor (le me cônnaître?

PI10ENIX.

Ah ! je vous reconnais ; et ce juste courroux,

Ainsi quà tous les Grecs, seigneur, vous rend à vous.

Ce nest plus le jouet dune (lamine servile :

Cest Pyrrhus, cest le fils et le rival dAcliille,

Que la gloire à la fin ramène sous ses lois,

Qui triomphe de Troie une seconde fois.

PYRRHUS.

Dis plutôt quaujourdhui commence ma victoire :D'aujourd'hui seulement je jouis de ma gloire;

Et mon cœur, aussi fier que tu las vu soumis,

Croit avoir en lamour vaincu mille ennemis.

Considère, Phoenix, les troubles que jévite;

Quelle foule de maux lamour traîne à sa suite ;

Que damis, de devoirs, jahais sacrifier ;

Quels périls... un regard meût tout fait oublier :

Tous les Grecs conjurés fondaient sur un rebelle.

Je trouvais du plaisir à me perdre pour elle.

PHOENIX.

Oui, je bénis, seigneur, l'heureuse cruautéQui vous rend...

PYRRHUS.

Tu las vu comme elle ma traité.

Je pensais, en voyant sa tendresse alarmée,

Que son fils me la dût renvoyer désarmée :

Jallais voir le succès de ses embrassements ;

Je nai trouvé que pleurs mêlés demportements.

Sa misère laigrit; et, toujours plus farouche,

Cent fois le nom dHector est sorti de sa bouche.Vainement à son fils jassurais mou secours,

« Cest Hector, disait-elle en lembrassant toujours;

« Voilà ses yeux, sa bouche , et déjà son audace ;

« Cest lui-même : cest toi, cher époux, que jembrasse. »Eli ! quelle est sa pensée ? attend-elle en ce jour