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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
Seite
52
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5 "!

LES FRÈRES ENNEMIS.

OLYMPE.

EUe-même, seigneur, sest ouvert le tombeau ;

Et, sétant (lun poignard en un moment saisie,

Elle en a terminé ses malheurs et sa vie.

ANTIGONE.

Elle a su prévenir la perte de son fils.

CRÉON.

Ali madame 1 il est vrai que les dieux ennemis...

ANTIGONE.

Nimputez quà vous seul la mort du roi mon frère,

Et nen accusez point la céleste colère.

A ce combat fatal vous seul lavez conduit :

Il a cru vos conseils; sa mort en est le fruit.

Ainsi de leurs flatteurs les rois sont les victimes :Vous avancez leur perte en approuvant leurs crimes.De la chute des rois vous êtes les auteurs;

Mais les rois, en tombant, entraînent leurs flatteurs.Vous le voyez, Créon; sa disgrâce mortelleVous est funeste autant quelle nous est cruelle :

Le ciel, en le perdant, sen est vengé sur vous ;

Et vous avez peut-être à pleurer comme nous.

CRÉON.

Madame, je lavoue; et les destins contrairesMe font pleurer deux fils, si vous pleurez deux frères.

ANTIGONE.

Mes frères et vos fils! dieux! que veut ce discours?Quelque autre quÉtéocle a-t-il fini ses jours?

CRÉON.

Mais ne savez-vous pas cette sanglante histoire?

ANTIGONE.

Jai su que Polynice a gagné la victoire,

Ut quHémon a voulu les séparer en vain.

CRÉON.

Madame, ce combatest bien plus inhumain.

Vous ignorez encor mes pertes et les vôtres;

Mais, hélas ! apprenez les unes et les autres.

ANTIGONE.

Rigoureuse fortune, achève ton courroux!

Ah ! sans doute, voici le dernier de les coups !

CRÉON.

Vous avez vu, madame, avec quelle furie