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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
Seite
49
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ACTE V, SCENE i.

P0LVN1CE.

Courons. Adieu, ma sœur.

ÉTÉOCLE.

Adieu, princesse, adieu.

ANTIGONE

Mes frères, arrêtez 1 Gardes, quon les retienne ;Joignez, unissez tous vos douleurs à la mienne.

Cesl leur être cruels que de les respecter.

hémon.

Madame, il nest plus rien qui les puisse arrêter.

ANTICONE.

Ali ! généreux Iiémon, cest vous seul que jimplore :Si la vertu vous plaît, si vous maimez encore,

Et quon puisse arrêter leurs parricides mains ,

Hélas ! pour me sauver, sauvez ces inhumains.

ACTE CINQUIÈME.

SCÈNE I.

ANTIGONE.

A quoi te résous-tu, princesse infortunée?

Ta mère vient de mourir dans tes liras;

Ne saurais-tu suivre ses pas,

Et finir, en mourant, ta triste destinée?

A de nouveaux malheurs te veux-tu réserver?Tes frères sont aux mains, rien ne les peut sauverDe leurs cruelles armes,f.eur exemple tanime à te percer le flanc ;

Et toi seule verses des larmes,

Tous les autres versent du sang.Quelle est de mes malheurs lextrémité mortelle, ma douleur doit-elle recourir!Dois-je vivre? dois-je mourir?

Un amant me retient, une mère mappelle ;

Dans la nuit du tombeau je la vois qui mattend ;Ce que veut la raison , lamour me le défend,

Et meu ôte lenvie.

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