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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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30
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LES FRÈRES ENNEMIS.

ACTE TROISIÈME.

SCÈNE I.

JOCASTE, OLYMPE.

JOCASTE.

Olympe, va-t’en voir ce funeste spectacle;

Va voir si leur fureur n’a point trouvé (l’obstacle,

Si rien n’a pu toucher l’un ou l’autre parti.

On dit qu’à ce dessein Ménécée est sorti.

OLYMPE.

Je ne sais quel dessein animait son courage;

Une héroïque ardeur brillait sur son visage.

Mais vous devez, madame, espérer jusqu’au bout.

JOCASTE.

Va tout voir, chère Olympe, et me viens dire tout ;Éclaircis promptement ma triste inquiétude.

OLYMPE.

Mais vous dois-je laisser en cette solitude?

JOCASTE.

Va : je veux être seule en l’état où je suis ;

Si toutefois on peut l’être avec tant d’ennuis !

SCÈNE II.

JOCASTE.

Dureront-ils toujours ces ennuis si funestes?N’épuiseront-ils point les vengeances célestes?

Me feront-ils souffrir tant de cruels trépas,

Sans jamais au tombeau précipiter mes pas ?

O ciel, que tes rigueurs seraient peu redoutables,

Si la foudre d’abord accablait les coupables !

Et que tes châtiments paraissent infinis,

Quand tu laisses la vie à ceux que tu punis !

Tu ne l’ignores pas, depuis le jour infâmeOù de mon propre fils je me trouvai la femme,

Le moindre des tourments que mon cœur a soufferts