ACTE II , SCENE IV.
Aux larmes de sa mère il a paru sensible;
Nos pleurs ont désarmé sa colère aujourd’hui :
Vous l’appelez cruel, vous l’êtes plus que lui.
IIÉMON.
Seigneur, rien ne vous presse ; et vous pouvez sans peineLaisser agir encor la princesse et la reine :
Accordez tout ce jour à leur pressant désir ;
Voyons si leur dessein ne pourra réussir.
Ne donnez pas la joie au prince votre frèreDe dire que, sans vous, la paix se pouvait faire.
Vous aurez satisfait une mère, une sœur,
Et vous aurez surtout satisfait votre honneur.
Mais que veut ce soldat? son ême est tout émue.
SCÈNE IV.
JOCASTE, POLYNICE, ANTIGONE, IIÉMON,UN SOLDAT.
LE SOLDAT, à Polynice.
Seigneur, on est aux mains, et la trêve est rompue :Créon et les Thébains, par ordre de leur roi,
Attaquent votre armée, et violent leur foi.
Le brave Hippomédon s’efforce, en votre absence,
De soutenir leur choc de toute sa puissance.
Par son ordre, seigneur, je vous viens avertir.
POLYNICE.
Ali les traîtres ! Allons, Hémon, il faut sortir.
(à la rcioe.)
Madame, vous voyez comme il tient sa parole.
Mais il veut le combat, il m’attaque ; et j’y vole.
JOCASTE.
Polyuice! mon fils!... Mais il ne m’entend plus ;
Aussi bien que mes pleurs, mes cris sont superflus.
Chère Antigone, allez, courez à ce barbare :
Du moins allez prier Ilémon qu’il les sépare.
La force m’abandonne, et je n’y puis courir ;
Tout ce que je puis faire, hélas ! c’est do mourir.
a.