ACTE II, SCÈNE I
SCÈNE VI.
JOCASTE, ANTIGONE, OLYMPE.
ANTIGONE.
Le perfide ! A quel point son insolence monte !
JOCASTE.
Ses superbes discours tourneront à sa honte.Bientôt, si nos désirs sont exaucés des cieux,
La paix nous vengera de cet ambitieux.
Mais il faut se hâter, chaque heure nous est chère :Appelons promptement Hémon et votre frère;
Je suis, pour ce dessein, prête à leur accorderToutes les sûretés qu’ils pourront demander.
Et toi, si mes malheurs ont lassé ta justice,
Ciel, dispose à la paix le cœur de Polynice,
Seconde mes soupirs, donne force à mes pleurs,
Et comme il faut enfin fais parler mes douleurs !
ANTIGONE seule.
Et si tu prends pitié d’une flamme innocente,
O ciel, en ramenant Ilémon à son amante,Ramène-Ie fidèle ; et permets, en ce jour,
Qu’en retrouvant l’amant je retrouve l’amour.
ACTE SECOND.
SCÈNE I.
ANTIGONE, HÉMON.
HÉMON.
Quoi 1 vous me refusez votre aimable présence,Après un an entier de supplice et d’absence!
Ne m’avez-vous, madame, appelé près de vous,Que pour m’ôter sitôt un bien qui m’est si doux?
ANTIGONE.
Et voulez-vous sitôt que j’abandonne un frère?Ne dois-je pas au temple accompagner ma mère?