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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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ACTE I, SCÈNE 111.

Et la seule fureur en alluma les feux.

Thèbes ma couronné pour éviter ses chaînes ;

Elle saLtend par moi de voir finir ses peines :

11 la faut accuser si je manque de foi ;

Et je suis son captif, je ne suis pas son roi.

JOCASTE.

Dites, dites plutôt, cœur ingrat et farouche,Quauprès du diadème il nest rien qui vous touche.Mais je me trompe encor ; ce rang ne vous plaît pas,Et le crime tout seul a pour vous des appas.

Eh bien ! puisquà ce point vous en ôtes avide,

Je vous offre à commettre un double parricideVersez le sang dun frère ; et, si cest peu du sien,

Je vous invite encore h répandre le mien.

Vous naurez plus alors dennemis à soumettre,Dobstacle à surmonter, ni de crime à commettre ;Et, nayant plus au trône un fâcheux concurrent,De tous les criminels vous serez le plus grand.

ÉTÉOCLE.

Eh bien, madame, eh bien, il faut vous satisfaire;11 faut sortir du trône, et couronner mon frère;

Il faut, pour seconder votre injuste projet,

De son roi que jétais, devenir son sujet :

Et, pour vous élever au comble de la joie,

Il faut à sa fureur que je me livre en proie ;

Il faut par mon trépas...

JOCASTE.

Ah ciel ! quelle rigueur !Que vous pénétrez mal dans le fond de mon cœur!

Je ne demande pas que vous quittiez l'empire;Régnez toujours, mon fds, cest ce que je désire.Mais si tant de malheurs vous touchent de pitié,

Si pour moi votre cœur garde quelque amitié,

Et si vous prenez soin de votre gloire même,Associez un frère à cet honneur suprême :

Ce nest quun vain éclat quil recevra de vous ;Votre règne en sera plus puissant et plus doux ;

Les peuples, admirant cette vcrlu sublime,Voudront toujours pour prince un roi si magnanime ;Et cet illustre effort, loin daffaiblir vos droits,Vous rendra le plus juste et le plus grand des rois.