ET LES OUVRAGES UE RACJKE.
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tie qu’on ne trouve que dans les hommes d’un talent supérieur,qu’il doit beaucoup il Tacite, qu’il appelle même le plus grandpeintre de l’antiquité. On voit avec plaisir nn juge aussi éclairé,et d’un goût aussi correct, aussi pur que Racine, rendre cettejustice à Tacite. Mais ce qui fait seul l’éloge de cet excellenthistorien, c’est que partout où Racine s’est proposé de l’imi-ter, il est resté au-dessous de lui, et que ces imitations, sou-vent aussi heureuses que le génie si différent des deux languesJe comporte, et qu’une traduction en vers le permet, sontpeut-être les plus beaux endroits de Biutannicus, où, commeRacine le remarque, « il n’y a presque pas un trait éclatantdont Tacite ne lui ait donné l’idée. »
Je n’entrerai dans aucun détail sur les autres pièces de Ra-cine : il sufiit d’observer en général qu’elles eurent le sort detous les bons ouvrages, c’est-à-dire qu’elles furent critiquéesavec autant de fiel que d’ignorance par les Zoïles du temps, etjustement admirées des vrais connaisseurs, les seuls hommesdont le suffrage entraîne lot ou tard celui de la nation, et dontla voix se fasse entendre dans l’avenir.
Après avoir donné en six ans cinq tragédies, dont la plusfaible est écrite avec une élégance, un charme qui fait presquedisparaître ou pardonner la langueur et la monotonie du seulsentiment qui y règne, Racine renonça à la poésie, et terminaen 1077 sa carrière dramatique par la tragédie de Phèdre. 11avait pour cette pièce une prédilection fondée sur d’assez for-tes raisons : il disait même que s’il avait produit quelquechose départait, c’était Phèdre. Pour moi, il me semble quecette perfection qu’il cherchait, et dont personne n’a plus ap-proché que lui, se trouve d’une manière plus sensible et plusfrappante dans Iphigénie , quoique le caractère de Phèdre,que Voltaire appelle « le chef-d’œuvre de l’esprit humain, etle modèle éternel, mais inimitable, de quiconque voudra ja-mais écrire en vers, » soit incontestablement le plus tragiqueet le plus sublime qu’il y ait au théâtre.
Racine fut reçu à l’Académie française en 1073, et y rem-plaça la Motlie le Yayer. Quelques années après, il fut nomméavec Boileau historiographe du roi. M. de Yalincour prétendavec beaucoup de vraisemblance « qu’après avoir longtempsessayé ce travail, ils sentirent qu’il était tout à fait opposé àleur génie. » C’est que pour bien écrire l’histoire il ne suffit pasd’être bon poète, il faut un talent peut-être aussi rare, et que