donnoit publiquement des éloges, en l’exhor-tant à devenir de jour en jour plus brave et plus■jertueux. Si, au contraire , sa conduite avoitfait naître des plaintes, ou même de simplessoupçons , il recevoit une réprimande publiqueproportionnée à ses fautes , et on l’exhortoit àfaire oublier ses torts à force de belles actions.
Quelque différence qu’on puisse supposer entreles mœurs du quinzième siècle et les mœurs pré-sentes, on se persuadera difficilement qu’un pareilrèglement ait jamais pu s’observer à la rigueur :à peine eût-il été praticable parmi d'humblescénobites, voués par état à l’abaissement; com-ment espérer qu’il se maintiendroit dans unesociété de guerriers excessivement délicats surle point d’honneur.
Outre les trente-six chevaliers, l’Ordre com-prenoit quatre officiers ; savoir : un chancelier,toujours dignitaire ecclésiastique; un greffier,chargé de consigner dans les registres de l’Ordreles hauts faits des chevaliers , ou les punitions etcorrections-décernées contre quelqu’un d’entreeux, et tous les actes capitulaires ; un trésorier,dépositaire des revenus de l’Ordre ; enfin , unHérault, nommé Mont-Saint-Michel , qui de-voit exécuter les ordres du souverain, visiter lesprovinces, s’informer exactement de la conduite