174 HISTOIRE DES ORDRES
s’engagent, par serment, à «aller, dans deux ansau plus tard , en Angleterre, pour s’y battre enl’honneur de leurs dames, armés de haches, delances , d'épées, de poignards, ou même debâtons, au choix des adversaires. Ils s’obligentpareillement de faire peindre leurs armes dansla chapelle de Notre-Dame-de-Grâce, où ils ontfait ce voeu, et. d’y mettre un fer d’or semblableà celui qu’ils porloient, avec la seule différencequ’il sera fait en chandelier pour y tenir conti-nuellement un cierge alumé jusqu’au jour ducombat.
Ils l’èglent encore qu’il y aura tous les joursune messe en l’honneur de la Vierge, et que,s’ils reviennent victorieux , chacun d’eux fonderaune seconde messe , fera brûler un cierge à‘per-pétuité, et de plus se fera représenter vêtu de sacotte-d’armes, avec toutes ses armes de combat-tant ; que si, par malheur, quelqu’un d’eux esttué /chacun des survivans, ou Ire un service dignedu mort, lui fera dire dix-sept messes , où il as-sistera en habit de deuil.
Cette société, pour comble d’extravagance,fut instituée au nom de la sainte Trinité et desaint Michel,et elle eut le succès qu’elle méritoit.Le duc de Bourbon alla véritablement en Angle-terre , à peu près dans le même temps qu’il avoit