56 HISTOIRE DES ORDRES
Les chevaliers, restés fidèles, transférèrent lesiège de l’Ordre à Margentheim ou Marienthal,en Franconie. Ils y élurent pour grand-maîtreWalter de Cromberg, et intentèrent un procès àAlbert, que l’empereur mit au banc de l’em-pire. Mais tout fut inutile : des sentences, desdécrets qui n’étoient pas soutenus par la force ,ne pouvoienl rien. L’ordre n’a pu rentrer dansses domaines, et il n’est plus que l’ombre de cequ’il étoit autrefois.
Dans le temps de sa splendeur, il avoit vingt-huit commandeurs de ville, quarante-six de châ-teaux, quatre-vingt-un hospitaliers, trente-cinqmaîtres de couvent, quarante maîtres d’hôtel,trente-sept pourvoyeurs, quatre-vingt-treizemaîtres de moulins, sept cents frères ou cheva-liers pour aller à l’armée, cent soixante - deuxfrères de chœur, ou prêtres, et six mille deuxcents serviteurs ou domestiques.
Il étoit divisé, comme l’ordre de Malte, enchevaliers, chapelains, et frères servans.
L’âge déterminé pour y être reçu, étoit celuide quinze ans. Ceux qui se présentoient dévoientêtre forts et robustes pour résister aux fatiguesde la guerre. A leur réception, ils faisoientlessermens et les vœux dont nous avons parlé. Leurrègle étoit extrêmement dure : ils n’avoient rien