5-4 HISTOIRE DES ORDRES
et partagent avec lui la souveraineté de leurs
diocèses.
Pour assurer leurs conquêtes, les chevaliersbâtissent ou fortifient une multitude de places,dont plusieurs subsistent encore avec éclat, tellesque Elbing, Marienbourg, Thorn, Dantzick,Kœnisberg , etc. : ils font plus, ils civilisent cespays en les rendant chrétiens.
En 1291 , Saint-Jean-d’Acre ayant été reprispar les infidèles, le corps de l’ordre passe en Eu-rope , et en i 5 og, le grand-maître Sigefrid enfixe le siège à Marienbourg en Prusse. C’est delà qu’il domine sur les vastes contrées qu’il asoumises.
Dans cet état de choses, si les chevaliers avoientété fidèles à l’esprit de leur institution, leur gloirefût demeurée sans tache, et leur puissance eûtpu se soutenir et durer : mais cela ne leur fut pasdonné. Devenus conquérans, ils en prirent lesmœurs : d’abord, une humeur dure et farouche,ce qui rendit leur gouvernement oppresseur ;puis un orgueil excessif, ce qui le rendit into-lérable. Ils ne voulurent plus être appelés frères ,mais seigneurs ; & t leur gi’and-maîlre, ConradWallerod, se fit rendre à lui-même les honneursqui ne sont dus qu’aux princes souverains. Vin-rent ensuite les prétentions particulières ; vinrent