»E CHEVALERIE.
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Jérusalem un chapitre général, où se trouvèrentjusqu’à trois cents gentilshommes et autant defrères servans , dont la plupart étoient français.Là, pour la première fois, ils nomment un grand-maître, qui est Richard de Rilefort ; et, par cetteélection , ils s’exemptent de la juridiction et del’obéissance du patriarche.
Ce grand - maître , à peine nommé , se trans-porte à Saint-Jean-d’Âcre, où il établit son siègeet exerce ses nouveaux pouvoirs. De cette forteplace , il continue ses expéditions contre les Sar-rasins, et les occasions ne lui manquent pas designaler sa valeur. C’étoit le grand Saladin qui,pour lors, faisoit tète aux chrétiens. Souvent Ri-lefort se mesure avec lui; souvent il est vain-queur, et notamment à Saint-Jean-d’Acre même,dont il le force à lever le siège. Mais enfin la for-tune le trahit : à la fameuse journée deTébériade,en 1187, il est battu et pris avec le roi Guy de Lusi-gnan,et ce malheur entraînela perte de Jérusalem.
Cependant les biens arrivoient de toutes parts ;de tous les coins de l’Europe on faisoit de richesdonations à l'Ordre : il devient donc possesseurde domaines immenses ; et déjà l’on fait monterle nombre de ses maisons dans toute la chrétientéà neuf mille , et ses revenus à deux millions.
Mais on connoît l’effet des richesses.