a 7 8 AMUSEMËNS PHILOLOGIQUES.
Combien a-t-il d’or ? En Angleterre : Quel hommeest-ce ?
On dit : Ecrire en Italien , se vanter en Espa-gnol , tromper en Grec , et dépenser comme unFrançais.
Le Père Bouhours, qui regardoit les langues fran-çaise, italienne et espagnole, comme trois sœursnées de la langue latine, disoit : cdl me semble quela langue espagnole est une orgueilleuse qui le portehaut, qui se pique de grandeur, qui aime le fasteet l’excès en toute chose ; la langue italienne est unecoquette, toujours parée et toujoui’s fardée, qui necherche qu’à plaire et qui se plaît beaucoup à lâbagatelle; la langue française est une prude, maisune prude agréable , qui , toute sage et toute mo-deste qu’elle est, n’a rien de rude ni de farouche. »
Il seroit très difficile d’assigner les rangs , entreles cinq principales nations de l’Europe, pour les dif-férentes parties des connoissances humaines qu’ellesont cultivées ; d’abord , parce qu’il faudrait êtretrès instruit dans l’histoire littéraire comparée dechaquè peuple ; et ensuite , parce que l’on froisse-rait nécessairement l’amour propre de quelques na-tions ; et les nations ne sont pas moins susceptiblesà cet égard que les individus. Cependant je ne puisrésister à la tentation de rapporter une petite listerelative à cet objet, qui m’a été communiquée parïin homme érudit, mais dont je ne suis nullement