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Amusemens philologiques, ou variétés en tous genres
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113 AMUSEMENS PHILOLOGIQUES.

je men désespère jusquà marracher les cheveux. Jai déjà parléau père gardien du Marais, qui ma dit de revenir à la huitaine.Tu riras quand tu me verras une belle barbe , et les épaules char-gées dune besace. Je sais que je figurerai mal avec un habit debure, des sandales , et les jambes nues; mais je suis dans la né-cessité malheureuse dexpier mes fredaines. 11 faudra vivre sansargent, sans chemise, jeûner, prier, se discipliner. Cette vie estdure. Je sens que létat auquel je me livre a ses désagrémens ; maisje ne suis pas maître dagir dune autre manière. Ma pénitencene sera quune suite nécessaire de létat affreux qui maccable.

Je ne me fais déjà plus raser; et nayant ni gîte, ni espèces, jeme prépare davance à la face pâle dun pénitent. Au reste le mé-tier que je vais embrasser est assez avantageux dans la vie présenteet la vie future. Un frère quêteur de la rue Saint-Jacques maassuré quil ny avait jamais eu de Capucins dans lenfer : cest ap-paremment quà leur arrivée le feu leur brûle la barbe, et quilsdeviennent Picpus. Passe un peu sur cette facétie. Adieu, cher ami,je tembrasse.

P....z.

1ETTRE SANS U.

Jallai hier, mon cher confrère, dans le Marais, chez le moinsgras des financiers de Paris. Le repas étoit excellent. Cinq per-sonnes le partageoient ; mon ami, sa femme, sa nièce, son abbéet moi. La table étoit proprement garnie. Et, dès les entrées, lemaître de la maison songea à satisfaire les besoins de lappétit. Ilentreprit de manger des petits pâtés, des cardons, et de tâter àdifférens mets; sa femme sy opposa fortement, prétextant descraintes fondées, comme le mal destomach, la migraine, etc.Le mari désirant nêtre point en reste, prit les mêmes attentionsà légard de sa femme. Et par cette complaisance recherchée ettendre, sils se garantirent daccidens, ils sabstinrent de linno-cent plaisir dessayer des mets délicats permis à des malades. Lerôti, la salade, lentremets, le dessert enfin, ont été lobjet desemblables soins. Moi, je mangeai eu affamé; le frère mimita; etla nièce, en grignotant, sattacha à empiffrer son chat angora.

Jentends sans cesse dans ce pays-ci parler de liberté, et jamais