POÉTIQUE CURIEUSE. gg
On connoît V fJomoioteleuton, qu’on peut consi-dérer comme de la prose léonine. C’est une figurede rhétorique, par laquelle les différens membresqui composent une période se terminent de la mêmemanière; comme : Ut vivis inuidiosc, delinquis in-sidiosè, loqueris odiosè. Elle n’avoit lieu que dansla prose chez les anciens, et elle y formoit un agré-ment. Les modernes l’ont bannie de la leur commeun défaut, et au contraire ils l’ont introduite dansleur poésie. Quelques critiques pensent trouver destraces de la rime dans l’ Homdioteleuton des Grecset des Latins ; mais ce n’étoit autre chose qu’uneconsonnance de phrase. Homdioteleuton est formédu grec homos, pareil, et du verbe teleô, dejïnio ,je termine, terminaison pareille.
On peut mettre au nombre des vers léonins, ceuxqui sont entremêlés de français et de latin. Nousen pourrions citer un grand nombre d’exemples ;mais comme il sex-oit aussi fastidieux pour les autresde les lire, que pour nous de les rapporter, nousnous contenterons de rappeler à la mémoire du lec-teur la chanson de Panard qui commence ainsi :JBacchus, cher Grégoire,
J^obis imperat ;
Chantons tous sa gloire ,
JEt quisque bibat !
Ilâtons-noiis de faireQuod desiderat;
11 aime en bon frèreQui sœpè bibat .
Ce couplet suffit pour donner une idée de cegeni'e bai’oque.