POETIQUE CURIEUSE. g3
Léonins, religieux de S. 1 * * 4 Victor, qui florissoit enn45, sous Louis VII, et qui fit plusieurs de cesvers latins rimes, et même un monorime qu’il dédiaau pape Alexandre III ( 1 ). Campanella prétend queles vers léonins viennent des Sarasins; mais je pré-fère l’opinion de Pasquier. Au reste, je renvoie àla Rhylhmologia leonina ex GodeJ'ridi Hagenoen-sis codice MS. biblioth. univers. Argent, locuple-tior, de M. Oberlin. On trouvera dans cette savantedissertation ce que l’on peut désirer sur la poésieléonine, sur ses différens genres, et surtout ungrand nombre de vei’s léonins tirés du manuscrit dece Godcfroi de Ilaguenau , qui a célébré les six fêlesde la Vierge en quatre mille vers : il étoit du i3.®siècle.
La poésie française connoît aussi quelques versléonins, c’est-à-dire, des hémistiches qui riment en-semble, ou un dernier hémistiche qui rime avec lepremier d’un vers suivant. C’est un grand défaut ,dont nos meilleurs poètes ne sont pas toujoursexempts. (Voyez VHomme des champs de Delille.)
Venons aux vers léonins latins : on en connoît dedifférentes espèces. Les uns riment seulement à la findu vers, comme dans la poésie française, et ne sont
( 1 ) Eberhardus Eethuniensis a dit dans son labyrinthe :
Sunt inventons de nomine dicta Leonis
Carnrina, quæ tali sunt modulanda modo :
« Permutant mores ho min es, cuin danlur honores jCorde stat inüato pauper honore dato. »