POÉTIQUE CURIEUSE. Qj.
Car on t’attend ; puis quand seras en tente,
Tant et plus boy bonum vinum charumQu’aurons pour vray ; doiiques sans longue attenteTente tes piedz à si decente sente,
Sans le fâcher; mais en sois content, tantQu’en ce faisant nous le soyons autant.
On voit par cet exemple de poésie surannée ? corn*tien est pitoyable, et combien a peu duré ce genreridicule., puisqu’on n’en pourrait pas trouver d’exem-ple dans nos poètes modernes. La rime annexée està peu près la même que la fraternisée ; il suffit pourcette rime que la dernière syllabe soit répétéecomme dans ces vers de Marot :
Dieu gard ma maistresse et rcgeuteGentc de corps et de façon;
Son cueur lient le mien en sa tenteTant et plus d’un ardent frisson.
Autre exemple :
Pour dire vray, au temps qui court,
Cour est un périlleux passage ;
Pas sage n’est qui va eii cour :
Cour est son bien et advantage;
Avant aage y faut le courage ;
Rage est sa paix, pleurs ses soûlas;
Tas ! c’est un très piteux mesnage;
Nage autre part pour tes esbats.
Les anciens appeloient cette espèce de vers ana-diplosis ; on en trouve un assez bel exemple dansAusone :
Res hominum fragiles alit., et régit, et perimit fors;
Fors dubia, æternumque labens, quam blauda fovet spes;
Spes nullo finita ævo, cui terminus est mors;
Mors avida, interna mergit caligine quam nox ;
Tïox obitura vicem remeaverit aurea cùm lux ;
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